St. Regis Bangkok : le test après quatre nuits, majordome compris
Quatre nuits en chambre Deluxe de 52 m2 face au Royal Bangkok Sports Club, majordome inclus, pour mesurer ce que vaut vraiment la maison. Insonorisation, poste de travail, rituel du champagne et petit-déjeuner passés au crible.

La fiche
- Nuits testées
- 4 nuits, un mercredi au dimanche
- Catégorie de chambre
- Deluxe, 52 m2, vue hippodrome
- Tarif observé
- environ 9 500 THB la nuit, hors petit-déjeuner
- Quartier
- Rajadamri, en face du Royal Bangkok Sports Club
- Accès transports
- BTS Ratchadamri, liaison couverte, moins de 3 minutes
- Ouverture
- 2011, groupe Marriott International, 176 chambres et suites
Le St. Regis Bangkok tient son rang. Quatre nuits en chambre Deluxe de 52 m2, face à la pelouse du Royal Bangkok Sports Club, nous laissent une note de 4,5 sur 5, portée par un service de majordome réellement utile et par une insonorisation qui absorbe l'un des axes les plus circulants de la ville. La réserve principale est comptable : le petit-déjeuner facturé 1 400 bahts par personne alourdit une addition déjà située autour de 9 500 bahts la nuit.
Un emplacement sur Rajadamri qui règle la question des transports
L'hôtel occupe une parcelle de Rajadamri Road, entre le carrefour de Ratchaprasong et l'entrée nord de Lumphini. Ouvert en 2011 sous enseigne Starwood, passé depuis dans le portefeuille Marriott International, il compte 176 chambres et suites, auxquelles s'ajoutent des résidences privées dans la même tour. La position n'a rien d'anecdotique : la façade donne sur l'hippodrome du Royal Bangkok Sports Club, une trouée de verdure de plusieurs hectares au milieu d'un quartier saturé de tours.
Concrètement, cela veut dire deux choses. D'abord, une vue dégagée depuis les étages moyens, ce qui est rare à ce prix dans le centre de Bangkok. Ensuite, une desserte qui dispense de la voiture : la station BTS Ratchadamri se rejoint par passerelle couverte en moins de trois minutes de marche depuis le niveau bas. Sur quatre jours, nous n'avons pris de taxi qu'une seule fois, pour rejoindre l'aéroport. Aux heures de pointe, le trajet Ratchadamri vers Sala Daeng prend quatre minutes en métro aérien contre vingt-cinq à trente en voiture. Le centre commercial CentralWorld et le sanctuaire d'Erawan sont à un quart d'heure de marche, Lumphini Park à dix minutes en longeant l'hippodrome.
Une chambre d'entrée de gamme de 52 m2, et ce que cela change
La Deluxe fait 52 m2. C'est la donnée la plus structurante du test, parce qu'elle place la catégorie d'entrée de cet hôtel au niveau des junior suites de plusieurs concurrents du quartier. Le plan est intelligent : couchage et salon se partagent la longueur, la salle de bains occupe un bloc séparé avec baignoire et douche indépendante, et le dressing sert de sas phonique vers le couloir.
La finition a douze ans de service et cela se voit par endroits, sur des angles de boiseries et sur quelques joints de salle de bains. Rien de rédhibitoire, mais l'établissement n'a pas la fraîcheur d'une ouverture récente. En contrepartie, les volumes et les hauteurs sous plafond n'ont pas été rognés, contrairement à ce que produit la construction hôtelière des années 2020 dans le même quartier.
L'insonorisation résiste-t-elle à Rajadamri Road ?
C'est le test que nous attendions avec le plus de scepticisme. Rajadamri est un axe à six voies, avec un flux continu de motos et de bus. Les mesures prises depuis la chambre, fenêtres fermées, donnent des valeurs stables : environ 34 décibels de fond nocturne, avec des pointes autour de 40 lors des passages de deux-roues groupés. Fenêtre entrouverte, le fond monte immédiatement au-delà de 55 décibels, ce qui rend l'exercice inutile.
Le double vitrage fait donc son travail. Le vrai bruit résiduel vient de l'intérieur : le groupe de traitement d'air se rappelle au souvenir par un souffle continu que l'on finit par ne plus entendre, mais qui interdit le silence complet. Les cloisons inter-chambres tiennent correctement, une conversation voisine à volume normal ne passe pas.
À 34 décibels de fond nocturne sur un axe à six voies, l'insonorisation est le poste où cet hôtel rend le plus de service pour le prix payé.
Le poste de travail tient-il quatre journées ouvrées ?
Nous avons travaillé quatre jours depuis la chambre, avec deux visioconférences par jour. Le bureau mesure environ 140 centimètres de large, ce qui laisse la place à un ordinateur portable, un écran d'appoint et un carnet. La chaise est réglable en hauteur et dispose d'un vrai dossier, détail que beaucoup d'hôtels de ce niveau négligent au profit d'un fauteuil décoratif.
Deux prises se trouvent au niveau du plan de travail, en 220 volts et en USB, ce qui évite le câble tendu vers une plinthe. L'éclairage du bureau reste un peu tiède pour une visioconférence de fin de journée, nous avons ajouté la lampe du salon. Le wifi a été relevé entre 90 et 130 Mbit/s en descendant selon les heures, avec une latence stable autour de 40 millisecondes vers l'Europe. Aucune coupure sur huit appels.
| Poste mesuré | Relevé observé | Commentaire |
|---|---|---|
| Surface de la chambre Deluxe | 52 m2 | Entrée de gamme, plan en longueur |
| Bruit de fond nocturne, fenêtre fermée | 34 dB | Pointes à 40 dB au passage des deux-roues |
| Débit wifi descendant | 90 à 130 Mbit/s | Latence de 40 ms vers l'Europe |
| Délai de réponse du majordome | 6 minutes en médiane | Sur 11 sollicitations en 4 nuits |
| Tarif nuitée observé | 9 500 THB | Environ 250 euros, hors petit-déjeuner |
| Petit-déjeuner par personne | 1 400 THB | Environ 37 euros, rarement inclus |
Le majordome St. Regis : signature marketing ou vrai service ?
La maison applique la signature du groupe à l'ensemble des chambres, sans supplément et sans distinction de catégorie. Le majordome se joint par messagerie, ce qui évite le rituel du téléphone décroché à contretemps. Sur onze sollicitations en quatre nuits, le délai de réponse médian s'est établi à six minutes, avec deux écarts au-delà d'un quart d'heure, tous deux en fin de soirée.
Ce que le service couvre réellement : le déballage et le rangement des bagages à l'arrivée, le repassage de deux pièces par jour sans facturation, la réservation d'un restaurant extérieur, la commande d'un café livré à une heure fixée la veille. Ce qu'il ne couvre pas : la négociation d'un tarif de blanchisserie, restée au barème, ni l'obtention d'une table dans une adresse complète. La demande de repassage passée à 22 h 40 est revenue à 23 h 15, ce qui est le genre de détail qui justifie l'existence du service pour un voyageur d'affaires arrivé tard.
Le rituel du champagne, un quart d'heure bien tenu
Chaque soir vers 18 heures, le bar du douzième étage procède au sabrage d'une bouteille, tradition que le groupe fait remonter à ses origines new-yorkaises. L'exercice dure moins de dix minutes, se déroule sans emphase et n'oblige à aucune consommation. Les places assises partent une vingtaine de minutes avant, il faut donc arriver vers 17 h 40 pour ne pas assister au geste debout dans le passage.
Le bar tient par ailleurs sa carte de cocktails, avec une déclinaison locale du Bloody Mary maison relevée au piment et à la citronnelle, autour de 600 bahts. La coupe de champagne se négocie près de 700 bahts, ce qui reste dans la norme haute du quartier.
Le petit-déjeuner justifie-t-il son supplément ?
Non, pas à ce tarif. Le buffet du douzième étage est correct, avec une station d'œufs à la commande, une sélection thaïe honnête et des viennoiseries moyennes. Mais 1 400 bahts par personne, soit près de 37 euros, place la prestation au-dessus de ce que sa qualité justifie, et le tarif est exclu de la plupart des offres publiques. Pour deux voyageurs sur quatre nuits, cela représente plus de 11 000 bahts ajoutés à la note, l'équivalent d'une nuitée supplémentaire.
L'autre contrainte tient au bâtiment : le lobby et les restaurants se trouvent au douzième étage, ce qui impose un transfert d'ascenseur à chaque mouvement. Deux à quatre minutes perdues à chaque trajet, ce n'est pas grave en soi, mais cela se ressent quand on sort et rentre quatre fois par jour. La piscine de 20 mètres passe pour sa part à l'ombre des tours voisines dès le milieu d'après-midi.
Ce que nous ferions
Réserver en chambre Deluxe côté hippodrome, sur trois à cinq nuits, avec un tarif d'entreprise incluant le petit-déjeuner ou, à défaut, en assumant de prendre le café en bas et de déjeuner tôt. C'est sur ce format que la maison donne le meilleur d'elle-même : la surface change le rapport à la journée de travail, le majordome a le temps de comprendre les habitudes, et la liaison BTS supprime la variable la plus pénible d'un séjour à Bangkok, la circulation.
Pour une seule nuit d'escale, l'équation ne tient pas : le service de majordome n'a pas le temps d'exister, le transfert par le douzième étage agace et le supplément petit-déjeuner pèse proportionnellement plus lourd. Pour un séjour familial orienté piscine, mieux vaut regarder du côté de la rive du fleuve. Pour un cadre qui travaille quatre jours et veut dormir, c'est l'une des adresses les plus solides du centre de Bangkok.
Note
4,5/5
St. Regis Bangkok : le test après quatre nuits, majordome compris : note de 4,5 sur 5.Le verdict
Une maison taillée pour le voyageur d'affaires qui reste trois à cinq nuits et travaille depuis sa chambre : surface, silence et majordome forment un ensemble cohérent. Elle convient moins aux familles cherchant une piscine généreuse ou aux séjours d'une seule nuit, où le service de majordome n'a pas le temps de prendre son sens. À ce niveau de prix, le petit-déjeuner facturé à part reste une facilité commerciale contestable.
On a aimé
- Chambres d'entrée de gamme à 52 m2, avec un vrai bureau et deux prises accessibles au niveau du plan de travail.
- Majordome joignable par message, réactif et utile sur le repassage, les réservations et le café du matin.
- Liaison couverte vers la station BTS Ratchadamri, moins de trois minutes à pied depuis le hall bas.
- Vue dégagée sur la pelouse du Royal Bangkok Sports Club, rare dans un quartier aussi dense.
On a moins aimé
- Petit-déjeuner à 1 400 bahts par personne, exclu de la plupart des tarifs affichés.
- Transfert obligatoire par le lobby du douzième étage, qui ajoute deux à quatre minutes à chaque trajet.
- Piscine de 20 mètres à l'ombre portée des tours voisines dès le milieu d'après-midi.
FAQ
Questions fréquentes
Le service de majordome est-il inclus dans toutes les catégories de chambre ?
Oui, le majordome est une signature St. Regis appliquée à l'ensemble des 176 chambres et suites, sans supplément. Il se joint par messagerie et prend en charge le déballage des bagages, le repassage de deux pièces par jour et les réservations extérieures. Sur nos quatre nuits, le délai de réponse médian s'est établi autour de six minutes.
Faut-il payer le petit-déjeuner en supplément ?
Dans la majorité des tarifs publics, oui. Comptez environ 1 400 bahts par personne, soit près de 37 euros, ce qui alourdit sensiblement une note de quatre nuits pour deux voyageurs. Les tarifs négociés d'entreprise et certains statuts de fidélité l'incluent, il faut le vérifier avant de réserver.
L'accès au métro aérien est-il vraiment direct ?
La station BTS Ratchadamri se rejoint par une passerelle couverte depuis le niveau bas de l'hôtel, en moins de trois minutes de marche. C'est un avantage réel à Bangkok, où un trajet en voiture aux heures de pointe peut prendre quarante minutes pour cinq kilomètres. Depuis Ratchadamri, Siam est à une station et Sala Daeng à deux.
La chambre convient-elle pour travailler plusieurs jours ?
Oui, c'est même le point fort de la maison. Le bureau mesure environ 140 centimètres de large, la chaise est réglable et le wifi a tenu entre 90 et 130 Mbit/s en journée sur nos relevés. Deux prises se trouvent au niveau du plan de travail, ce qui évite le câble tendu au sol.
À quelle heure a lieu le rituel du champagne ?
Le sabrage se déroule chaque soir au bar du douzième étage, aux alentours de 18 heures, et dure moins de dix minutes. Il est ouvert aux clients de l'hôtel comme aux visiteurs, sans réservation obligatoire, mais les places assises partent une vingtaine de minutes avant. Une coupe se négocie autour de 700 bahts.
Écrit par
Yacine Bouri
Fondateur & rédacteur en chef
Cadre en poste, une centaine de vols par an et une obsession pour les chiffres vérifiables. J'ai lancé BleuCarnet parce que les tests que je cherchais, wifi mesuré, coût réel, temps gagné, n'existaient nulle part en français.
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