Duke + Dexter : le mocassin londonien qui a rajeuni le penny loafer
Lancée à Londres par Archie Hewlett, qui avait refusé l'université de Durham pour dessiner des chaussures, Duke + Dexter a fait du penny loafer, chaussure de banquier et d'étudiant de l'Ivy League, une pièce de mode vendue chez Selfridges et Liberty, autour de 250 £ la paire, avec des cuirs vieillis, des semelles confortables et une bonne dose d'humour britannique.

La fiche
- Maison
- Duke + Dexter, Londres, fondée par Archie Hewlett
- Pièce phare
- Mocassin Wilde, de 250 à 270 £
- Autres modèles
- Willis 220 £, Ezra 250 £, Caine 320 £, sneaker Plus Duke 230 à 240 £
- Fabrication
- Portugal ou Europe selon les fiches, cuirs et doublures italiens
- Où l'essayer
- Selfridges, Liberty, End Clothing et Kith à Londres, selon la liste des revendeurs
- Sources
- Boutique en ligne dukeanddexter.com, relevée le 10 octobre 2026
Archie Hewlett avait dix-huit ans quand il a refusé sa place à l'université de Durham et un poste dans le recrutement immobilier pour se lancer dans la chaussure, avec un petit capital emprunté à sa famille et une idée qui faisait sourire à l'époque, celle de rendre le slipper en velours, chaussure de club anglais un peu poussiéreuse, désirable pour une génération qui n'avait jamais mis les pieds dans un salon de Mayfair.
Un jeune homme, des slippers en velours et une intuition
L'histoire a pris un tour inattendu quand Eddie Redmayne a porté une paire de la marque pour recevoir son Oscar en 2015, et Duke + Dexter est rapidement passée du slipper au mocassin, en trouvant sa place chez Selfridges, Liberty, End Clothing ou Kith à Londres, puis dans de nombreuses boutiques en Europe.

Le Wilde, un penny loafer qui ne fait pas banquier
Le Wilde est la chaussure qui a fait la réputation de la marque, un penny loafer à la ligne classique, avec sa barrette caractéristique, mais traité dans des cuirs et des finitions qui l'éloignent du mocassin de banquier, cuir noir ou brun vieilli, daim, motifs peints, broderies, et vendu de 250 à 270 £ selon les versions.
La fiche du Wilde en cuir noir vieilli décrit une tige en cuir italien travaillé pour donner un aspect déjà porté, une doublure en cuir italien, une semelle intérieure rembourrée et une semelle en TPU de vingt-cinq millimètres, choisie pour le confort et la durabilité, ce qui le rend plus souple au quotidien qu'un mocassin à semelle cuir traditionnel.

Willis, Ezra, Caine : un mocassin pour chaque pied
Autour du Wilde, la gamme décline le mocassin sous plusieurs formes, le Willis à 220 £, monté selon la marque sur sa forme la plus large, avec un bout rond et une construction mocassin cousue à la main, l'Ezra à 250 £ et son cuir froncé, ou le Caine à 320 £, en daim brun, plus fin et plus habillé.
Le Willis est probablement le modèle le plus intéressant pour un premier achat, puisque la marque le dit confortable dès la sortie de la boîte, quelle que soit la forme du pied, avec une doublure en cuir italien, une semelle en cuir recyclé et TPR, et le serpent de la marque gravé au laser sous la semelle, un détail qu'on ne voit qu'en retournant la chaussure.

Des sneakers et des vêtements, avec la même signature
Duke + Dexter ne s'est pas arrêtée au mocassin, et propose aujourd'hui une sneaker, la Plus Duke, entre 230 et 240 £, en cuir italien vieilli et fini à la main, avec des lacets façon mohair, une languette amovible et le serpent imprimé, ainsi qu'un derby, le Lennon, sur semelle crantée, et une ligne de vêtements, t-shirts à 85 £ ou sweats à 160 £.
La marque garde dans tout cela un ton très londonien, des motifs dessinés à la main, des pièces uniques peintes, des collaborations, ce qui la distingue des maisons plus sages comme Crockett & Jones, et en fait plutôt une marque de caractère qu'une marque de vestiaire classique.

Ce que disent les fiches sur la fabrication
Sur l'origine, les fiches ne disent pas toutes la même chose, celle du Willis et d'une partie des modèles indique une fabrication à la main au Portugal, tandis que l'Ezra, le Lennon et plusieurs versions du Wilde se contentent de la mention fabriqué à la main en Europe, sans préciser le pays, alors que les cuirs et les doublures sont presque toujours décrits comme italiens.
En 2016, Archie Hewlett expliquait avoir déplacé sa production d'Italie vers un atelier familial de Sheffield pour pouvoir se dire entièrement britannique, et les fiches actuelles montrent que ce n'est plus le cas pour la plupart des modèles, ce qui n'enlève rien à la qualité annoncée mais invite à lire la mention de chaque paire avant d'acheter.
| Modèle | Prix | Fabrication selon la fiche |
|---|---|---|
| Wilde | 250 à 270 £ | Europe ou Portugal selon la version |
| Willis | 220 £ | Portugal |
| Ezra | 250 £ | Europe |
| Caine | 320 £ | non précisée |
| Plus Duke, sneaker | 230 à 240 £ | Europe pour certaines versions |

Ce que nous en retenons
Duke + Dexter a réussi ce que peu de jeunes marques réussissent, rendre le penny loafer de nouveau désirable, et le Wilde en cuir noir ou brun est un excellent mocassin de bureau pour qui veut quitter le soulier à lacets sans perdre en allure, le Willis restant le meilleur point d'entrée pour un pied large, avec une seule réserve, lire la fiche pour savoir où la paire a été fabriquée, puisque la marque parle tantôt du Portugal, tantôt de l'Europe.
FAQ
Questions fréquentes
Combien coûte un mocassin Duke + Dexter ?
Le Wilde, modèle emblématique, coûte de 250 à 270 £, l'Ezra 250 £, le Willis à bout rond 220 £ et le Caine en daim 320 £, tandis que la sneaker Plus Duke se situe entre 230 et 240 £.
Où sont fabriquées les chaussures ?
Les fiches du Willis et d'une partie de la gamme indiquent une fabrication à la main au Portugal, celles de l'Ezra, du Lennon et de certains Wilde se contentent de la mention fabriqué à la main en Europe, et les cuirs comme les doublures sont décrits comme italiens.
Le mocassin Duke + Dexter est-il assez formel pour le bureau ?
Les versions en cuir noir ou brun, comme le Wilde, se portent sans difficulté avec un costume, et le penny loafer est depuis longtemps accepté dans les bureaux londoniens et new-yorkais, alors que les versions peintes à la main ou en cuir verni blanc s'adressent plutôt au week-end ou aux soirées.
Quel modèle choisir pour un pied large ?
Le Willis, que la marque présente comme monté sur sa forme la plus large, avec un bout rond et une construction mocassin cousue main, est pensé pour être confortable dès la sortie de la boîte, ce qui en fait le choix logique pour un pied large ou pour une première paire.
Photos : Duke + Dexter.
Écrit par
Yacine Bouri
Fondateur & rédacteur en chef
Indépendant dans la publicité en ligne, je travaille de là où je pose mon ordinateur, avec une obsession pour les chiffres vérifiables. J'ai lancé BleuCarnet parce que les tests que je cherchais, wifi mesuré, coût réel, temps gagné, n'existaient nulle part en français.
À lire ensuite
Dans la même veine
The Mercer Brand : ce que vaut la sneaker d'Amsterdam à 169 €
Suède, mesh recyclé certifié GRS, semelle en canne à sucre, Vibram sur le modèle de trail : sur la chaussure, la maison d'Amsterdam documente ses matières ligne par ligne. Sur le textile, la même marque écrit « Imported » et s'arrête là.
Chaussures de ville : pourquoi le cousu Goodyear change tout
Une chaussure de ville qu'on porte tous les jours en déplacement doit pouvoir se ressemeler, et c'est ce que permet la construction cousue Goodyear, utilisée depuis plus d'un siècle par des maisons comme Crockett & Jones à Northampton ou J.M. Weston à Limoges, un investissement de départ plus élevé qui se rembourse sur des années de marche.
Officine Générale : le vestiaire parisien qui va du bureau au dîner
Fondée à Paris par Pierre Mahéo, Officine Générale habille ceux qui ont abandonné le costume sans vouloir pour autant ressembler à un dimanche, avec des surchemises, des vestes déstructurées et des pantalons à pinces qui passent d'une réunion à une table du soir sans changer de tenue, et une fiche produit qui dit honnêtement où chaque pièce est fabriquée.


