The Mercer Brand : ce que vaut la sneaker d'Amsterdam à 169 €

Suède, mesh recyclé certifié GRS, semelle en canne à sucre, Vibram sur le modèle de trail : sur la chaussure, la maison d'Amsterdam documente ses matières ligne par ligne. Sur le textile, la même marque écrit « Imported » et s'arrête là.

YBYacine BouriFondateur & rédacteur en chef4 min de lecture
Paire de sneakers The Re-Run en suède bordeaux et mesh crème, vue de profil
Paire de sneakers The Re-Run en suède bordeaux et mesh crème, vue de profil

La fiche

Maison
The Mercer Brand, Amsterdam, fondée par le créateur néerlandais Pim Dresen
Prix des sneakers
149 à 199 €, relevés le 21 septembre 2026
Ligne principale
The Re-Run, 169 €, suède et mesh recyclé GRS sur semelle EVA et caoutchouc recyclé
Modèle technique
The Mercer P22, 199 €, semelle Vibram, midsole canne à sucre et poudre de bambou, drop 6 mm
Matières alternatives revendiquées
Cuirs d'ananas, de cactus par Desserto et de raisin, PU recyclé, suède recyclé
Ce que nous n'avons pas fait
Aucune paire portée ni usée : l'article compare des fiches produit, pas de la tenue dans le temps

Amsterdam, rue Ferdinand Bol. The Mercer Brand y tient son clubhouse et vend des sneakers entre 149 et 199 €, sur un discours de matières que peu de marques de cette taille tiennent avec autant de détail.

Précision d'usage : nous n'avons porté aucune de ces paires. Cet article ne dit rien de la tenue d'une semelle à six mois. Il fait ce qui est vérifiable de l'extérieur : lire les fiches, comparer ce qu'elles disent, et relever ce qu'elles ne disent pas.

La gamme, et son cœur à 169 €

Le catalogue compte plus de quatre-vingt-dix références de chaussures, mais quelques familles structurent tout.

The Re-Run à 169 € est la ligne principale, déclinée en une dizaine de variantes : Vintage, Max, Desert, EVO, Cracked, Pine. Le Re-Racer à 159 € joue une silhouette de coureur des années quatre-vingt. Le Re-Run Max monte à 179 €. Le P22 à 199 € est le seul modèle technique.

À côté, l'habillement : vestes, mailles, tee-shirts, casquettes, sacs, de 29 à 219 €.

The Mercer Brand : ce que vaut la sneaker d'Amsterdam à 169 €

La gamme en un tableau

ModèlePrixCe que la fiche engage
The Re-Racer159 €Suède vintage brossé, doublure et languette recyclées
The Re-Run169 €Suède et mesh recyclé GRS, EVA et caoutchouc recyclé
The Re-Run Max179 €Même base, semelle plus épaisse
The Mercer P22199 €Vibram, canne à sucre et bambou, Bluesign, Oeko-Tex 100
Veste Varsity219 €75 % polyester, « Imported », rien de plus
The Mercer Brand : ce que vaut la sneaker d'Amsterdam à 169 €

Ce que dit une fiche chaussure

C'est le point fort de la maison, et il faut lui rendre justice.

Sur une Re-Run Vintage à 169 €, la fiche annonce une semelle d'usure en EVA et caoutchouc recyclé, une tige en suède et mesh recyclé certifié GRS, une première de montage et une semelle intérieure recyclées, une doublure en mesh recyclé. Elle prévient aussi que les vêtements sombres peuvent déteindre sur le suède et qu'il vaut mieux éviter l'humidité.

Ce dernier avertissement est un signe. Une marque qui explique où son produit est fragile n'est pas en train de vendre de l'illusion.

The Mercer Brand : ce que vaut la sneaker d'Amsterdam à 169 €

Le P22, la fiche la plus fournie du catalogue

C'est le modèle qui engage le plus la maison, et le seul qui nomme un partenaire technique.

Semelle Vibram. Midsole à deux couches à base de canne à sucre et de poudre de bambou. Mesh Bluesign en plastique recyclé, teint dans la masse, certifié GRS. Doublure Oeko-Tex 100. Mousse à mémoire recyclée au collier. Languette réfléchissante 3M. Drop de 6 millimètres, stabilité neutre.

Un drop de 6 millimètres place la chaussure du côté naturel sans aller au minimalisme. C'est une donnée de coureur, pas de marketing, et elle est publiée.

The Mercer Brand : ce que vaut la sneaker d'Amsterdam à 169 €

Les matières alternatives, et ce qu'elles valent

La maison revendique des cuirs d'ananas, de cactus et de raisin, ce dernier obtenu à partir des peaux, rafles et pépins récupérés chez des vinificateurs italiens. Le cactus vient de Desserto, un fournisseur mexicain identifié.

Sur le cuir animal, la position est explicite et plus intéressante que le silence habituel : la maison écrit qu'elle en utilise, en le sourçant chez des fournisseurs répondant aux standards les plus élevés, et défend l'idée qu'un cuir biodégradable et responsable a sa place dans le sujet.

On peut discuter l'argument. On ne peut pas lui reprocher d'être caché.

The Mercer Brand : ce que vaut la sneaker d'Amsterdam à 169 €

Là où le discours s'arrête

Deux trous, et ils sont du même ordre.

Le premier : aucune fiche chaussure n'indique le pays de fabrication. Une maison qui détaille la composition de sa première de montage et ne dit pas où la chaussure est assemblée laisse une question ouverte qu'elle a elle-même rendue légitime.

Le second : l'habillement. La veste Varsity à 219 € est donnée pour 75 % polyester, 21 % rayonne, 4 % élasthanne, mention « Imported ». Pas de certification, pas de contenu recyclé, pas de pays.

L'écart entre les deux registres est net. Sur la chaussure, la marque documente. Sur le textile, elle vend.

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Le programme de reprise, et sa limite

Rapportez vos vieilles chaussures au clubhouse d'Amsterdam, la maison s'occupe du recyclage. Elle cite 87 millions de paires envoyées en décharge chaque année.

Le dispositif est réel, et il a le mérite d'exister à cette échelle de marque. Sa limite est géographique : c'est un dépôt physique dans une rue d'Amsterdam, pas une étiquette de retour prépayée. Pour un client français ou canadien, l'engagement est théorique.

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Ce que nous ferions

À 169 €, la Re-Run se compare à ce que proposent les marques de mode au même prix, et elle a pour elle une fiche matière que la plupart d'entre elles ne publient pas. C'est un argument sérieux.

Le P22 à 199 € est le modèle qui justifie le mieux son prix, parce qu'il engage des partenaires nommés et publie des données de conception vérifiables.

Sur l'habillement, en revanche, achetez sur le dessin et sur la coupe, pas sur la promesse durable : les fiches ne la soutiennent pas.

Et si le lieu de fabrication compte pour vous, posez la question au service client avant de commander. Elle n'a pas de réponse sur le site.

FAQ

Questions fréquentes

Combien coûte une paire chez The Mercer Brand ?

Entre 149 et 199 €. Le cœur de gamme est la ligne Re-Run à 169 €, le Re-Racer descend à 159 €, le Re-Run Max monte à 179 € et le P22, seul modèle technique de la maison, culmine à 199 €. La livraison est offerte à partir de 180 € d'achat, ce qui place la plupart des paires juste en dessous du seuil.

Où les chaussures sont-elles fabriquées ?

Les fiches produit ne le disent pas. Elles détaillent les matières avec précision, y compris les certifications, mais aucune ne nomme le pays ni l'atelier de fabrication. Pour une maison qui met la matière au centre de son discours, c'est l'information manquante la plus visible.

Qu'est-ce qui distingue le P22 du reste de la gamme ?

C'est le seul modèle conçu pour courir. Semelle Vibram, midsole à deux couches à base de canne à sucre et de poudre de bambou, mesh Bluesign en plastique recyclé teint dans la masse et certifié GRS, doublure Oeko-Tex 100, mousse à mémoire recyclée au collier, languette réfléchissante 3M, drop de 6 millimètres. C'est la fiche la plus fournie du catalogue, et la seule qui engage un partenaire technique nommé.

La promesse durable tient-elle sur l'habillement ?

Beaucoup moins. La veste Varsity à 219 € est donnée pour 75 % polyester, 21 % rayonne et 4 % élasthanne, avec la seule mention « Imported ». Ni pays, ni certification, ni contenu recyclé. L'écart de précision avec les fiches chaussures est net, et il mérite d'être su avant d'acheter une pièce textile sur la foi du discours de la marque.

Que fait la marque des vieilles chaussures ?

Elle propose de les rapporter à son clubhouse d'Amsterdam, rue Ferdinand Bol, et se charge du recyclage. La maison cite 87 millions de paires envoyées en décharge chaque année pour justifier l'initiative. C'est un dispositif physique, pas un programme postal : il suppose de passer à Amsterdam.

Photos : The Mercer Brand.

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YB

Écrit par

Yacine Bouri

Fondateur & rédacteur en chef

Cadre en poste, une centaine de vols par an et une obsession pour les chiffres vérifiables. J'ai lancé BleuCarnet parce que les tests que je cherchais, wifi mesuré, coût réel, temps gagné, n'existaient nulle part en français.

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