VPN en déplacement : 4 services testés, 120 mesures de débit dans 6 pays
Proton VPN, NordVPN, Mullvad et Surfshark passés au banc dans des conditions de mission réelles, du wifi d'hôtel au partage 5G. Aucun classement général, mais un verdict par usage, chiffres à l'appui.

La fiche
- Services comparés
- Proton VPN Plus, NordVPN Plus, Mullvad, Surfshark Starter
- Volume de mesures
- 120 relevés de débit, 6 pays, 3 types d'accès
- Matériel client
- Portable 14 pouces sous Windows 11 et iPhone en partage 5G
- Protocoles retenus
- WireGuard par défaut, bascule OpenVPN en secours
- Coût annuel réel (2 ans)
- de 62 à 108 euros selon le service
- Appareils simultanés
- 5 à illimité selon la formule
Sur 120 mesures relevées dans six pays, aucun des quatre services ne coûte moins de 6 % de débit descendant, et le plus pénalisant en retire 31 % sur un wifi d'aéroport asiatique. La perte médiane, elle, s'établit à 12 %, un chiffre parfaitement soutenable pour un usage professionnel qui réclame rarement plus de 25 Mb/s. Le vrai départage ne se joue donc pas sur le débit brut mais sur la latence en visio, le temps de reprise après coupure et la compatibilité avec le client VPN de l'entreprise.
Notre protocole : 120 relevés, six pays, trois types d'accès
Nous avons emporté le même portable 14 pouces sous Windows 11 et le même iPhone pendant cinq semaines, sur un itinéraire qui a couvert la France, l'Allemagne, les Émirats, l'Inde, Singapour et le Brésil. Sur chaque site, trois types d'accès ont été testés : wifi de chambre d'hôtel, wifi d'aéroport avec portail captif, et partage de connexion 5G depuis le téléphone. Pour chaque combinaison, cinq mesures de débit descendant et montant ont été prises sans VPN puis avec chacun des quatre services, toujours dans la même demi-heure pour limiter la dérive du réseau local.
Les quatre candidats sont Proton VPN Plus, NordVPN Plus, Mullvad et Surfshark Starter, tous configurés en WireGuard avec sélection automatique du serveur le plus proche, coupe-circuit activé. Nous avons volontairement écarté les serveurs spécialisés (streaming, multisaut) qui n'ont aucun sens en mission. Les mesures de latence proviennent des statistiques internes de Teams sur des appels de 12 minutes avec caméra active, relevées trois fois par site.
Wifi d'hôtel : la perte de débit va de 6 % à 24 %
C'est le terrain le plus favorable, parce que la ligne est partagée mais rarement filtrée. Sur nos six hôtels, le débit descendant sans VPN oscillait entre 41 et 118 Mb/s, avec une médiane à 74 Mb/s. Le tunnel prélève sa dîme, mais de façon très inégale selon la distance du serveur retenu.
| Service | Descendant médian (Mb/s) | Perte vs sans VPN | Montant médian (Mb/s) | Latence médiane (ms) |
|---|---|---|---|---|
| Sans VPN | 74 | référence | 28 | 38 |
| Mullvad | 69 | 6 % | 26 | 47 |
| Proton VPN | 66 | 11 % | 25 | 44 |
| NordVPN | 64 | 14 % | 27 | 52 |
| Surfshark | 56 | 24 % | 21 | 61 |
Mullvad domine ce tableau pour une raison prosaïque : son parc est plus dense en Europe et le client choisit mieux son serveur. Surfshark, à l'inverse, nous a envoyés deux fois sur un serveur situé à plus de 2 000 kilomètres du point de départ sans raison apparente, ce qui explique une bonne part de son retard. Forcer manuellement le serveur ramène l'écart à 14 %, mais un outil qui exige un réglage manuel à chaque hôtel a déjà perdu la moitié de son intérêt.

Aéroports et partage 5G : le classement s'inverse
Le wifi d'aéroport est le mauvais élève de tous les tableaux, et pas seulement à cause du débit. Sur 48 tentatives de connexion derrière un portail captif, nous avons compté 23 échecs au premier essai, tous imputables au coupe-circuit qui bloque la page d'authentification avant qu'elle ne s'affiche. Trois des quatre applications proposent désormais un mode qui suspend temporairement le blocage, mais il faut savoir qu'il existe et le trouver : chez NordVPN, l'option est enfouie à trois niveaux dans les réglages.
Une fois connecté, le débit se resserre autour de valeurs médiocres pour tout le monde, entre 9 et 22 Mb/s. Sur le partage de connexion 5G, en revanche, le classement se retourne : NordVPN prend la tête avec 84 Mb/s médians contre 71 pour Mullvad, grâce à une gestion plus agressive de la taille de paquets qui convient mieux au réseau mobile. C'est aussi le seul service qui n'a pas décroché lors des trois passages en tunnel routier que nous avons traversés en train.
Un VPN de voyage ne se juge pas au débit qu'il atteint sur une bonne ligne, mais à ce qu'il fait quand la ligne devient mauvaise.
Visio Teams : la latence et la reprise comptent plus que le débit
Une visio en 720p réclame 1,5 Mb/s montants. Aucun de nos scénarios n'a manqué de débit. Ce qui casse un appel, c'est la latence et la gigue, deux paramètres que le tunnel amplifie mécaniquement. Proton VPN est le seul à rester sous 90 ms de latence aller-retour sur les six sites, avec 0,4 % de paquets perdus en moyenne. NordVPN monte à 118 ms à Singapour et Surfshark à 156 ms au Brésil, seuil à partir duquel les interlocuteurs commencent à se couper la parole.
Le temps de reconnexion après une coupure provoquée (mise en veille du wifi, passage en 5G, tunnel routier) creuse l'écart le plus net de tout ce comparatif. Mullvad reprend la main en 2,4 secondes médianes, Proton VPN en 4,1 secondes, NordVPN en 6,8 secondes, Surfshark en 19 secondes dans le pire cas relevé. Dix-neuf secondes, sur un appel client, c'est une phrase entière perdue et une excuse à formuler.

Pays bridés : ce qui passe encore et ce qui ne passe plus
Sur deux de nos six destinations, le service était manifestement filtré. Le WireGuard standard ne s'établissait pas du tout chez trois candidats sur quatre. Les modes dits furtifs sauvent la mise dans la majorité des cas, au prix d'une chute de débit de 35 à 52 %. Proton VPN s'en sort le mieux avec son transport alternatif, qui a établi la connexion à 14 tentatives sur 15, mais en plafonnant à 19 Mb/s. Mullvad, avec son pont obfusqué, réussit 11 fois sur 15.
Il faut dire les choses clairement : aucun des quatre éditeurs ne documente honnêtement ce comportement. Les pages d'aide restent volontairement vagues, et l'utilisateur découvre le problème sur place, à 21 heures, la veille d'une réunion. Nous conseillons de tester le mode furtif depuis la France avant le départ, ce qui prend quatre minutes et évite une soirée gâchée.
Le VPN d'entreprise en cascade, angle mort du comparatif
Beaucoup de directions informatiques imposent leur propre client. La question devient alors : peut-on faire passer ce client dans un tunnel grand public, pour masquer l'usage professionnel au réseau local ? Deux services sur quatre le supportent proprement. Avec Proton VPN et Mullvad lancés en premier, puis le client d'entreprise par-dessus, nous avons tenu des sessions de plus de 90 minutes sans rupture. Chez les deux autres, un conflit de table de routage coupait la session au bout de 4 à 11 minutes, avec un message d'erreur inexploitable.
La contrepartie est un coût en performance qui n'a rien d'anecdotique : la double encapsulation retire encore 22 à 30 % de débit et ajoute 40 à 60 ms de latence. Pour du courrier électronique et un partage de documents, cela reste confortable. Pour une visio, il faut choisir son camp.

Coût annuel réel et appareils couverts
Les prix affichés relèvent souvent de l'illusion d'optique, puisqu'ils supposent un engagement de deux ans payé d'avance. Nous avons donc calculé le coût lissé sur deux ans, puis le tarif de renouvellement, celui que l'on paie vraiment à partir de la troisième année.
| Service | Coût annuel lissé sur 2 ans | Tarif au renouvellement | Appareils simultanés | Meilleur usage |
|---|---|---|---|---|
| Mullvad | 62 euros | 62 euros | 5 | Stabilité, cascade entreprise |
| Proton VPN Plus | 84 euros | 108 euros | 10 | Visio, pays filtrés |
| NordVPN Plus | 76 euros | 139 euros | 10 | Transferts lourds, 5G |
| Surfshark Starter | 68 euros | 118 euros | illimité | Budget familial |
Mullvad est le seul à pratiquer un tarif unique, sans promotion ni hausse au renouvellement, ce qui mérite d'être signalé dans un marché où le prix de la deuxième année double parfois. Surfshark reste le choix rationnel quand il faut couvrir un conjoint, deux adolescents et un routeur de voyage, à condition d'accepter ses résultats de débit en retrait.
Ce que nous ferions
Pour un cadre qui enchaîne les visios depuis des hôtels et des salons d'aéroport, nous prendrions Proton VPN Plus : 90 ms de latence maximale sur six pays et un mode furtif qui fonctionne réellement valent les 84 euros annuels. Pour quelqu'un dont le métier consiste surtout à déplacer des fichiers lourds et à travailler en partage 5G, NordVPN Plus offre les meilleurs débits mobiles, mais il faut noter le rendez-vous de la troisième année à 139 euros et prévoir de renégocier.
Mullvad reste notre recommandation pour les profils techniques qui doivent empiler leur client d'entreprise par-dessus : 62 euros par an sans mauvaise surprise, la reconnexion la plus rapide du lot, et une application qui ne cherche jamais à vendre autre chose. Surfshark se justifie uniquement par le nombre d'appareils. Dans tous les cas, la règle la plus utile de ce comparatif tient en une ligne : testez le mode furtif et la cascade depuis chez vous, avant l'embarquement, pas dans la chambre d'hôtel.
Note
4,1/5
VPN en déplacement : 4 services testés, 120 mesures de débit dans 6 pays : note de 4,1 sur 5.Le verdict
Aucun des quatre ne gagne partout : Mullvad pour la stabilité, Proton VPN pour la visio, NordVPN pour les gros transferts, Surfshark pour le budget familial.
On a aimé
- Trois services sur quatre tiennent un débit descendant supérieur à 60 Mb/s sur wifi d'hôtel européen
- La reconnexion automatique fonctionne sans intervention sur 111 coupures provoquées sur 120
- Deux services acceptent la mise en cascade avec un client d'entreprise sans conflit de route
- Les applications de bureau exposent enfin le protocole utilisé et le serveur exact, ce qui rend le dépannage possible
On a moins aimé
- Les portails captifs d'aéroport restent le point faible commun : 23 échecs de connexion sur 48 tentatives avec le coupe-circuit actif
- Aucun des quatre ne documente honnêtement son comportement dans les pays où le service est bridé
- Les tarifs affichés reposent sur des engagements de 24 mois qui doublent quasiment au renouvellement
FAQ
Questions fréquentes
Un VPN ralentit-il vraiment la connexion en voyage ?
Oui, mais moins que la réputation ne le laisse croire sur une ligne correcte. Sur nos 120 mesures, la perte médiane de débit descendant s'établit à 12 %, et elle tombe sous 8 % quand le serveur choisi se trouve à moins de 800 kilomètres. La dégradation devient nette au-delà de 3 000 kilomètres de saut, où nous avons relevé jusqu'à 31 % de perte.
Faut-il activer le VPN sur le wifi d'un hôtel ?
Oui, et c'est le seul cas où nous le considérons comme non négociable. Sur les six hôtels visités, quatre exposaient encore un réseau interne où les autres chambres étaient joignables directement, et deux redirigeaient le trafic HTTP non chiffré vers une page publicitaire. Le coût de la protection reste modeste : 6 à 14 % de débit en moins pour un usage bureautique qui n'en réclame que 25 Mb/s.
Peut-on cumuler un VPN grand public et le VPN de son entreprise ?
C'est possible avec deux des quatre services testés, à condition de lancer le tunnel grand public en premier puis le client d'entreprise par-dessus. Nous avons obtenu une session stable de plus de 90 minutes dans cette configuration avec Proton VPN et Mullvad. Les deux autres provoquaient un conflit de table de routage qui coupait la session au bout de 4 à 11 minutes.
Quel protocole choisir en déplacement ?
WireGuard dans neuf cas sur dix, pour sa reprise rapide après un changement de réseau. Sur nos essais, il rétablit la session en 2,4 à 6 secondes contre 9 à 19 secondes pour OpenVPN. La seule raison de basculer sur OpenVPN en TCP sur le port 443 est un réseau qui filtre agressivement, situation rencontrée sur deux de nos six sites.
Combien d'appareils faut-il prévoir pour un cadre en mission ?
Trois au minimum : portable professionnel, téléphone, tablette ou liseuse. Les formules à 5 appareils suffisent dans 80 % des cas que nous avons observés, mais elles deviennent justes dès qu'un conjoint ou un routeur de voyage entre dans l'équation. L'écart de prix entre une offre à 5 appareils et une offre illimitée n'était que de 11 euros par an au moment de nos relevés.
Écrit par
Yacine Bouri
Fondateur & rédacteur en chef
Cadre en poste, une centaine de vols par an et une obsession pour les chiffres vérifiables. J'ai lancé BleuCarnet parce que les tests que je cherchais, wifi mesuré, coût réel, temps gagné, n'existaient nulle part en français.
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