Batteries externes 20 000 mAh : 6 modèles, recharges de MacBook réellement obtenues
Six batteries annoncées à 20 000 mAh sont passées au banc de mesure, charge par charge. Aucune n'a restitué plus de 55,8 Wh sur les 74 Wh inscrits au dos, et l'écart se voit directement sur un MacBook Air.

La fiche
- Modèles au banc
- 6, de 34 à 129 euros
- Capacité annoncée
- 20 000 mAh, soit 74 Wh à 3,7 V
- Énergie restituée mesurée
- de 45,1 à 55,8 Wh
- Rendement constaté
- de 61,0 % à 75,4 %
- Poids relevés
- de 390 à 500 grammes
- Temps de recharge complet
- de 1 h 12 à 3 h 20
Les six batteries annoncées à 20 000 mAh que nous avons passées au banc restituent entre 45,1 et 55,8 wattheures, alors que toutes affichent 74 Wh sur leur boîtier. Le rendement va donc de 61,0 % à 75,4 %, un écart de plus de 10 Wh entre la première et la dernière, soit exactement la différence entre 88 % et 71 % de la batterie d'un MacBook Air 13 récupérés. Aucun des six modèles ne permet une recharge complète d'un ordinateur portable, quel que soit le prix payé.
Pourquoi 20 000 mAh ne font jamais 74 Wh dans votre sac
La confusion vient d'une unité mal choisie. Les milliampères-heures ne mesurent une énergie qu'à tension constante, et les cellules internes travaillent à 3,7 volts : 20 000 mAh correspondent donc à 74 Wh stockés dans les cellules, pas disponibles à la prise. Pour alimenter un ordinateur, la batterie doit élever cette tension à 20 volts, opération qui coûte de 8 à 12 % en pertes de conversion, auxquelles s'ajoutent l'autoconsommation de l'électronique et la chaleur dissipée.
Le résultat est structurel. Même un modèle irréprochable ne dépasse guère 78 % de restitution, et nos mesures plafonnent à 75,4 %. Autrement dit, la question n'est jamais de savoir si le fabricant ment sur les 20 000 mAh, ce qui est rarement le cas, mais de savoir combien il en reste après la chaîne de conversion. Deux modèles de notre lot passent sous les 50 Wh utiles, ce qui les rapproche davantage d'une batterie de 13 000 mAh honnête que du chiffre inscrit en gros sur l'emballage.
Notre protocole de mesure
Chaque batterie a été chargée à 100 %, laissée au repos deux heures à 21 degrés, puis déchargée sur une charge électronique réglée à 45 W constants jusqu'à extinction complète, avec relevé de l'énergie cumulée en sortie. L'opération a été répétée trois fois par modèle, l'écart entre séries n'a jamais dépassé 1,4 %. Les recharges d'iPhone ont été comptées sur un appareil dont la batterie est donnée pour 12,9 Wh, de 5 % à 100 %, écran éteint. Le test ordinateur portable utilise un MacBook Air 13 avec une batterie de 53,8 Wh, machine en veille, départ à 5 %.
Trois mesures complémentaires ont été menées : la puissance totale soutenue après dix minutes avec trois appareils branchés simultanément, le temps de recharge complet de la batterie depuis une alimentation de 140 W, et le poids réel sur balance de laboratoire, câble exclu.

Énergie restituée et poids : le tableau complet
| Modèle | Prix | Wh restitués | Rendement | Poids | Wh utile / 100 g |
|---|---|---|---|---|---|
| Ugreen Nexode 130 W | 89 € | 53,1 Wh | 71,8 % | 435 g | 12,2 |
| Zendure SuperMini Pro | 75 € | 50,2 Wh | 67,8 % | 420 g | 12,0 |
| Baseus Blade HD 100 W | 69 € | 51,4 Wh | 69,5 % | 440 g | 11,7 |
| INIU P50 100 W | 34 € | 45,1 Wh | 61,0 % | 390 g | 11,6 |
| Anker Prime 200 W | 129 € | 55,8 Wh | 75,4 % | 500 g | 11,2 |
| Belkin BoostCharge Pro | 79 € | 49,6 Wh | 67,0 % | 490 g | 10,1 |
Ce tableau contient la vraie surprise du banc. La batterie qui restitue le plus d'énergie, l'Anker Prime avec ses 55,8 Wh, n'est que cinquième au rapport poids sur énergie utile, parce que son électronique de puissance et sa dissipation lui coûtent 500 grammes sur la balance. À l'inverse, l'Ugreen Nexode rend 2,7 Wh de moins tout en économisant 65 grammes, ce qui la place en tête avec 12,2 Wh utiles pour 100 grammes. Sur un sac de cabine où chaque centaine de grammes compte, cette hiérarchie compte davantage que le chiffre brut.
Recharges d'iPhone et pourcentage récupéré sur un MacBook Air 13
| Modèle | Recharges iPhone | MacBook Air 13 récupéré | Temps pour y arriver |
|---|---|---|---|
| Anker Prime 200 W | 3,8 | 88 % | 1 h 42 |
| Ugreen Nexode 130 W | 3,6 | 84 % | 1 h 47 |
| Baseus Blade HD 100 W | 3,5 | 81 % | 1 h 52 |
| Zendure SuperMini Pro | 3,4 | 79 % | 1 h 58 |
| Belkin BoostCharge Pro | 3,4 | 78 % | 2 h 04 |
| INIU P50 100 W | 3,1 | 71 % | 2 h 11 |
Le chiffre à retenir tient en une ligne : aucune de ces batteries ne ramène un ordinateur portable à 100 %. L'écart entre le meilleur et le pire représente 17 points de charge, soit environ une heure et demie d'usage bureautique, ce qui n'est pas rien sur un long-courrier sans prise. Pour le téléphone, la différence est plus anecdotique : entre 3,1 et 3,8 recharges, personne ne verra la nuance sur un week-end.
Une batterie de 20 000 mAh ne vous donne pas deux journées d'ordinateur portable : elle vous donne une soirée complète et l'illusion d'une seconde.

Charge simultanée de trois appareils : les 100 W annoncés fondent
Avec un ordinateur, un téléphone et une paire d'écouteurs branchés en même temps, la puissance totale soutenue après dix minutes tombe à 87 W pour l'Anker Prime, 79 W pour l'Ugreen, 71 W pour le Baseus, 68 W pour le Belkin, 63 W pour le Zendure et 54 W pour l'INIU. Deux modèles passent donc sous la barre des 60 W alors qu'ils affichent 100 W en façade, ce qui suffit encore à maintenir un ordinateur allumé mais ne le recharge plus vraiment.
La cause est thermique. Nous avons relevé jusqu'à 47 degrés en surface sur le Baseus après quinze minutes de triple charge, température à laquelle l'électronique réduit délibérément le courant pour protéger les cellules. Poser la batterie sur une tablette d'avion fermée, sans circulation d'air, aggrave la limitation : la puissance mesurée dans cette configuration a chuté de 11 W supplémentaires en moyenne.
Recharger la batterie elle-même : de 1 h 12 à 3 h 20
C'est le critère le plus négligé et l'un des plus utiles en déplacement. L'Anker Prime accepte 100 W en entrée et retrouve 100 % en 1 h 12, dont la moitié en 28 minutes. L'Ugreen suit à 1 h 34, le Zendure à 1 h 51, le Baseus à 1 h 47 et le Belkin à 2 h 05. L'INIU P50, lui, plafonne à 30 W en entrée et demande 3 h 20, un défaut rédhibitoire pour qui compte se recharger pendant une escale de deux heures.
Ce chiffre change la manière d'utiliser l'objet. Une batterie qui reprend la moitié de sa capacité en une demi-heure se recharge pendant une douche d'hôtel ; une batterie qui demande une nuit entière impose de penser à la brancher la veille, ce que personne ne fait systématiquement.

Cabine : 74 Wh passent, l'étiquette pas toujours
Le cadre est simple : jusqu'à 100 Wh, la batterie voyage en cabine sans autorisation, entre 100 et 160 Wh un accord de la compagnie est requis, au-delà l'embarquement est refusé. Nos six modèles sont donc parfaitement conformes avec leurs 74 Wh théoriques. Le problème est ailleurs : deux boîtiers, sur le Baseus et l'INIU, n'affichent que la mention en milliampères-heures, sans conversion en wattheures. À Casablanca, l'un d'eux a immobilisé un contrôle pendant six minutes, le temps de faire admettre le calcul.
Autre évolution à connaître, plusieurs compagnies interdisent désormais l'usage d'une batterie externe en vol et exigent qu'elle reste visible, hors du compartiment supérieur. Une batterie de 500 grammes qu'on ne peut ni ranger ni utiliser perd une bonne partie de son intérêt sur un vol de nuit.
Ce que nous ferions
Pour un usage mixte téléphone et ordinateur avec un sac à dos, nous prendrions l'Ugreen Nexode à 89 euros : 53,1 Wh restitués pour 435 grammes, 84 % de MacBook Air récupérés et une recharge complète en 1 h 34, c'est le meilleur compromis du lot. Pour qui voyage avec deux ordinateurs ou recharge en urgence entre deux vols, l'Anker Prime à 129 euros reste devant sur l'énergie brute et sur le temps de recharge, à condition d'accepter 500 grammes et un prix supérieur de 45 %.
L'INIU P50 à 34 euros n'est pas un mauvais achat pour un usage téléphone uniquement, mais ses 45,1 Wh utiles et ses 3 h 20 de recharge en font un dépannage, pas un compagnon de voyage. Quant au Belkin, il cumule le poids du haut de gamme et le rendement du milieu de gamme : à 79 euros, il n'a aucune raison objective d'être choisi ici. Dernier conseil, valable pour les six : collez une étiquette indiquant 74 Wh sur le boîtier, cela vous fera gagner six minutes au portique.
FAQ
Questions fréquentes
Combien de fois une batterie 20 000 mAh recharge-t-elle un iPhone ?
Entre 3,1 et 3,8 fois selon le modèle, et non les cinq ou six recharges souvent annoncées sur les fiches produit. Un iPhone récent stocke environ 12,9 Wh, mais la conversion de tension et la chaleur consomment de 12 à 15 % de l'énergie transférée. Le calcul honnête consiste à diviser l'énergie réellement restituée, ici de 45,1 à 55,8 Wh, par environ 14,7 Wh par recharge.
Une batterie de 20 000 mAh passe-t-elle en cabine ?
Oui, 20 000 mAh à 3,7 volts représentent 74 Wh, sous le plafond de 100 Wh admis sans autorisation préalable. Entre 100 et 160 Wh, l'accord de la compagnie devient nécessaire, et au-delà de 160 Wh l'embarquement est refusé. Le seul problème rencontré vient des boîtiers qui n'impriment pas la valeur en wattheures : deux modèles sur six ont dû être justifiés au portique.
Peut-on charger un MacBook Air avec une batterie externe ?
Oui, à condition de disposer d'un port USB-C délivrant au moins 45 W, ce que font les six modèles testés. Le résultat va de 71 % à 88 % de la batterie du MacBook Air 13 récupérés depuis un niveau de 5 %, jamais une charge complète. Comptez 1 h 40 à 2 h 10 pour atteindre ce plafond, ordinateur en veille.
Pourquoi ma batterie ne délivre-t-elle pas les 100 W annoncés ?
Parce que la puissance affichée correspond au port principal seul, à froid, sur une durée courte. Dès que trois appareils sont branchés, la puissance totale soutenue mesurée après dix minutes tombe entre 54 et 87 W selon les modèles. La température du boîtier, relevée jusqu'à 47 degrés, déclenche une limitation progressive.
Combien de temps faut-il pour recharger la batterie elle-même ?
De 1 h 12 à 3 h 20 pour un cycle complet, un écart de presque trois heures qui se joue sur la puissance d'entrée acceptée. Les modèles qui absorbent 100 W en entrée reprennent la moitié de leur capacité en une demi-heure, ce qui change tout lors d'une escale. Le modèle le moins cher plafonne à 30 W et demande une nuit entière.
Écrit par
Lucile Desoubrie
Journaliste tech & mobilité
Dix ans de presse spécialisée, autant de comparatifs et une allergie déclarée aux communiqués de presse recopiés. Je teste des produits jusqu'à ce qu'ils cassent, ou jusqu'à ce qu'ils prouvent qu'ils ne cassent pas.
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